Méthodes éducatives

Méthodes Educatives

 

L’autisme nécessite une intervention éducative individualisée, adaptée au profil de l’enfant. Lors du diagnostic, le professionnel peut utiliser différentes échelles et tests (CARS, M-CHAT, PEP-R…) pour évaluer le profil de l’enfant et statuer sur son « degré » d'autisme, ses émergences, aptitudes et difficultés.

Méthodes éducatives comportementales et cognitives.

Des études scientifiques ont permis de démontrer l'efficacité d'une prise en charge précoce à l'aide de méthodes éducatives comportementales (ABA) et cognitives (TEACCH). Ces programmes ont pour but d’aider l’enfant atteint d’un trouble envahissant du développement (TED) à apprendre et à se développer. Ils traitent, notamment les déficiences de la communication ainsi que les comportements violents.  

 

T.E.A.C.C.H (Treatment and Education of Autistic and related Communication handicapped Children) ou (Traitement et éducation des enfants autistes ou souffrant de handicaps de communication apparentés). C’est un programme de traitement et d'éducation pour les enfants de tous les âges. Il a été élaboré dans les années 60 par Eric Schopler à l’école de Médecine de l'Université de la Caroline du Nord.

 

Cette méthode repose sur le principe qu’il faut organiser, structurer et adapter l'environnement à l’enfant autiste et non l’inverse, afin de développer l'autonomie de l’autiste dans les domaines suivants : le travail, la vie quotidienne, les loisirs, le comportement social. Le programme est axé sur le développement personnel plutôt que la normalisation. Il inclut les parents comme thérapeutes.

 

Pour élaborer ce programme, on évalue d’abord les capacités de l’enfant à l’aide du profil éducatif psychologique (PEP-R), qui révèle le profil des compétences acquises et en émergence de l’enfant dans plusieurs domaines. On détermine ensuite les stratégies d’éducation nécessaires pour développer ses habiletés de communication, d’adaptation et de relations sociales de manière constructive.

 

Principes du programme :

 

  • Enseignement structuré et individualisé.
  • Mode de communication visuelle.
  • Adaptation de l'enseignement pour compenser les déficits spécifiques à l'autisme et à l'enfant.
  • Collaboration entre professionnels et parents.

 

Parmi les résultats observés avec cette méthode : amélioration dans le fonctionnement, le comportement et le développement. Augmentation des habiletés fonctionnelles et de l'adaptation sociale.

 

 

ABA (Applied Behavior Analysis ou Analyse Appliquée du Comportement)

 

L’approche de l'ABA est différente : les difficultés reliées à l'autisme proviendraient en grande partie d'un blocage de l'apprentissage, et pourraient être surmontées par un entraînement intensif. Les intervenants, quels qu'ils soient, doivent travailler ensemble : l'enfant autiste a besoin de constance et de continuité. Pour progresser de façon notable, le jeune autiste ne doit pas recevoir de messages contradictoires.

 

L’objectif de cette méthode est d’aider l’enfant à gérer ses comportements problématiques en les remplaçant par des comportements adaptés de manière à lui permettre de s’intégrer dans la société. On enseigne à l'enfant les habiletés suivantes : être attentif, imiter, développer le langage réceptif et expressif, les habiletés scolaires et d'autonomie personnelle.

 

Le programme se concentre autour d'exercices dits "par essais distincts" (discrete trial ou DT), que l'enfant pratique avec un thérapeute pour apprendre à parler, à jouer et à établir des relations avec les autres. Grâce au processus d’apprentissage par « essais distincts », chaque habileté est fractionnée en petites tâches faciles à faire.

 

L’enfant apprend à maîtriser chaque étape, puis reçoit une récompense. L’étape comprise est enchaînée avec la prochaine et ainsi de suite jusqu’à la maîtrise complète de l’habileté. Après un certain temps, on donne à l’enfant l’occasion de mettre en pratique les habiletés acquises dans des situations plus difficiles, avec de nouvelles personnes et dans d’autres milieux.

 

Chaque tâche demandée à l’enfant consiste en : 

  • Une demande (A = Antécédent), une directive donnée pour qu’il effectue une action.
  • Un comportement (B = Behavior), une réponse de l’enfant (bonne ou mauvaise, appropriée ou pas).
  • Une conséquence (C), réaction de l’intervenant (renforcement positif, pas de réponse ou réaction légèrement négative, comme dire non).

 

Certaines conditions doivent être respectées pour garantir la réussite du programme: 

  • Au début des apprentissages, le cadre de travail doit être adapté et structuré puis être de plus en plus proche d’un environnement ordinaire.
  • Les programmes individualisés doivent être souvent réajustés.

 

La méthode ABA nécessite une intervention intensive de 30 à 40 heures par semaine qui se déroule dans le cadre quotidien de l’enfant. Il doit être mené par une équipe éducative (intégrant les parents) formée et structurée, dans le cadre d'un programme individualisé bien défini. La durée du programme est d’environ 3 ans. Il s’agit d’aider l’enfant à progresser dans l’acquisition des apprentissages (savoir s’habiller seul, savoir se repérer dans la rue, savoir répondre aux consignes…). L’un des avantages de l'approche est la répétition des réponses comprises jusqu'à l'assimilation complète.

 

Les programmes TEACCH et A.B.A. prévoient une grille d’évaluation mise à jour très régulièrement, ainsi qu’un Projet Educatif Individualisé (PEI) ajusté en fonction des progrès de l’enfant.

 

P.E.C.S (Picture exchange communication system) ou (Système de communication par échange d’images)

 

Lorsque l'enfant n'acquiert pas le langage verbal, on lui propose des moyens alternatifs et augmentatifs de la communication. Andrew Bondy, psychologue et thérapeute comportementaliste et Lori Frost orthophoniste (Delaware US) ont développé un outil de communication appelé PECS[1][].

 

La méthode PECS consiste à enseigner l'utilisation d'images pour communiquer : l’enfant doit remettre à son interlocuteur l’image de l’objet qu'il désire obtenir en échange. Le PECS permet à l’enfant d’apprendre à initier lui-même une communication avec autrui. Le temps nécessaire à cet apprentissage est extrêmement court. Il peut être utilisé pour des enfants de n’importe quel âge. L’enfant n’est pas obligé d’être à un certain niveau cognitif pour utiliser le PECS. En premier lieu, le système PECS apprend à l’enfant le contact avec autrui. Par la suite, le PECS permet un système de communication plus complexe qui utilise des phrases, des réponses ou des commentaires.

 

Le PECS n’est efficace que dans un contexte éducatif qui comporte toutes les stratégies associées à l’analyse du comportement appliqué. Il est complémentaire aux approches TEACCH et ABA.

 

La méthode PECS aide à initier le langage. Elle est appropriée pour les enfants non-verbaux et pour les enfants avec un QI non-verbal plus élevé que le QI verbal.

 

Etapes de la méthode :

 

1)   L’enfant apprend à établir une communication avec une autre personne : afin d’obtenir un objet désiré, l’enfant doit être capable de prendre l’image de l’objet et la donner à une personne en échange de celui-ci.

Dès le début l’enfant apprend à communiquer avec différentes personnes et dans différents endroits.

2)   On apprend à l’enfant à persister dans sa communication, car la personne avec qui il communique s’éloigne graduellement avec l’objet convoité. L’enfant doit être capable de se diriger vers l’image de l’objet, la décrocher et la donner au partenaire de communication pour obtenir l’objet en échange.

3)   L’enfant apprend à distinguer les images afin d’améliorer son vocabulaire et utiliser des images spécifiques pour demander ses objets préférées.

4)   L’enfant apprend à former des phrases, qui commencent avec « je veux » et à former des phrases plus longues...

5)   L’enfant apprend à répondre à la question « Que veux-tu ?»

6)     L’enfant apprend à faire des commentaires en commençant par « Je vois », « J’entends »…



[1] Le PECS a été développé comme système de communication et non comme système d’apprentissage du langage.

 

Les méthodes développementales

En plus des méthodes éducatives comportementales, il existe d’autres modèles thérapeutiques, tel que les méthodes développementales et sociales. Ce sont des méthodes éducatives, basées sur le jeu interactif, orientées vers la relation.  

SON-RISE

La méthode Son-Rise est conçue pour des adultes et des enfants confrontés aux troubles envahissants du développement, notamment à l'Autisme. L’intervention Son-Rise se déroule en salle de jeux adaptée dans un environnement calme, exempt de stimulation visuelle.

Ce programme est conçu pour être dirigé par les parents et se dérouler en milieu familial jusqu’au moment de l’intégration progressive de l’enfant en milieu scolaire en fin de programme.

Dans le cadre de ce programme, on enseigne aux parents des techniques concrètes sur le plan éducatif et sur le plan du comportement pour les aider à être des enseignants et des entraîneurs efficaces pour leurs enfants ; permettant ainsi, à ces derniers, de faire des progrès dans les domaines des apprentissages, du développement, et de la communication.

 

FloorTime ou DIR (the Developmental, Individual-Difference, Relationship-Based, ou le Développement, les differences Individuelles basées sur le Relationnel)

La méthode a été  développée par Dr. Stanley Greenspan, psychiatre pour enfants à Washington, D.C. Ce modèle vise le développement émotionnel, contrairement aux autres méthodes qui se concentrent sur le développement cognitif ou sur le comportement.

La méthode Floor-Time est une approche relationnelle, elle vise les interactions personnelles et la communication pour faciliter la maîtrise des habiletés de développement mentales. Le but premier est de rendre l'enfant plus attentif à son environnement, plus flexible envers les changements et capable d'amorcer par lui-même les interactions.

Dans la perspective du Floor-time, des jeux habilement menés peuvent obtenir autant de résultats que l'enseignement traditionnel : la motivation qu'ils suscitent peut effectivement amener l'enfant à communiquer avec les autres pour le simple plaisir de le faire. Par ailleurs, le langage ne constitue pas un pré-requis à l'interaction sociale. C'est pourquoi l'interaction visée par l'approche de Greenspan ne passe pas nécessairement par une communication verbale.

Cette méthode est enseignée dans des contextes interactifs. Elle se base sur des observations précises de l'enfant afin de déterminer son niveau de développement et son intérêt du moment, de manière à préparer l'intervention :

  • Elle évite de concentrer les exercices dans les domaines où l'enfant présente des déficits (ce qui pourrait augmenter ses frustrations).
  • Elle aide à convertir les actions de l'enfant en interactions.

Cette forme de thérapie par le jeu, aide l’enfant interagir avec d’autres lorsqu’il est engagé dans ses activités préférées.